ENCYCLOPEDIE --UNIVERSELLE--- DE--LA-- LANGUE -FRANCAISE
---Abl�gat---
- . ABL�GAT . n.m.
- Du pr�fixe latin ab, qui indique l'�loignement, et legatus, "envoy�", l'abl�gat �tait un envoy� du pape aupr�s de chefs d'Etat ou de cardinaux, plus rarement de g�n�raux, � qui ils transmettaient de la part du souverain pontife des insignes honorifiques. Cette charge fut supprim�e par le concile de Vatican II.
- On distinguait deux types d'abl�gat : l'abl�gat pontifical et l'abl�gat apostolique. Le premier avait pour mission d'apporter la barrette � un cardinal nouvellement �lu (voir l'article d'Artaud, plus bas), mais aussi parfois des langes b�nits aux souverains pour qui �tait n� un h�ritier, ainsi des insignes honorofiques � des g�n�raux en particulier. L'abl�gat apostolique �tait charg� d'apporter la rose b�nite, appel�e aussi rose d'or, � des souverains ou � sanctuaires catholiques, mais aussi parfois la barrette d'un nouveau cardinal.
- "ABLEGAT, Commissaire sp�cial charg� � un cardinal �tranger la barrette [berretta, NDE], le petit bonnet rouge carr�. A peine un cardinal est-il promu qu on lui exp�die un garde-noble pour lui annoncer la promotion remettre le berettino (calotte rouge). Ensuite, on lui transmet la barrette cardinalice par moyen d une personne qui re�oit pour cette fonction le titre d'abl�gat apostolique. En g�n�ral, on choisit un tr�s jeune homme d une famille �lev�e qui est d�j� ou que l'on cr�e expr�s cam�rier secret et d honneur et jouissant du droit de porter l'habit violet en mantellone. Les pr�lats en mantellone ne portent pas les bas violets Cette distinction n' appartient qu au pr�lat de mantelleleta.
- L'abl�gat, avant de partir de Rome, fait une visite � tout le sacr�-coll�ge et re�oit ensuite de la congr�gation c�r�moniale les instructions pour accomplir la fonction. C est son �minence le cardinal secr�taire des brefs qui, par du Saint P�re, fait exp�dier le bref appel� missivo, qui se lit publiquement quand on doit ex�cuter la c�r�monie. L abl�gat re�oit du secr�taire des brefs ad principes les brefs que Sa Saintet� adresse au souverain dans les Etats duquel se trouve le nouveau cardinal.
- L'abl�gat ne peut pr�senter ce bref au souverain qu'avec la pleine intelligence du ministre des affaires �trang�res pour qui il a une lettre du pape lui m�me
- Si le nouveau cardinal se trouve dans la ville o� r�side la cour, l'abl�gat, au nom du Saint P�re, prie le souverain de daigner honorer la fonction de sa pr�sence et de placer lui m�me la barrette sur la t�te du nouveau cardinal. Si le nouveau cardinal est dans une autre ville des �tats, l'abl�gat, apr�s avoir pr�sent� les lettres adress�es au souverain continue son voyage pour ex�cuter sa commission
- A un poste � peu pr�s de la ville o� se trouve le cardinal, l'abl�gat doit trouver une voiture de ce cardinal dans laquelle celui ci le fait conduire au logement qu on lui a pr�par� Il fait ensuite sa visite au cardinal et concerte avec lui le jour et le lieu de la c�r�monie Ce lieu est d'ordinaire la cath�drale, � moins d'un grand emp�chement. Le soir pr�c�dent, le cardinal pr�te devant l'abl�gat le serment prescrit � tous les cardinaux; le jour de la fonction on chante avec toute la solennit� possible devant le plus grand nombre d'eccl�siastiques qu on a pu r�unir, la messe votive pour actions de gr�ces. La messe termin�e, on proc�de � la c�r�monie d'imposition de la barrette ; elle se fait ou par un cardinal s'il y en a un pr�sent, ou � d�faut d'un cardinal par un �v�que, et s'il n'ya pas �v�que, l'abl�gat remet au cardinal le missivo dont un eccl�siastique fait lecture ; ensuite il pr�sente dans un bassin la barrette que le cardinal se place lui m�me sur la t�te. Si le souverain voulait placer la barrette sur la t�te du cardinal, celui ci irait la recevoir de lui dans la r�sidence royale, et en �change le souverain et le nouveau cardinal offrent des pr�sents ordinairement magnifiques � l'abl�gat. Les fonctions de l'abl�gat finissent quand nouveau le cardinal a re�u la barrette. ARTAUD"
- extrait de l'Encyclop�die du dix-neuvi�me si�cle, r�pertoire universel des sciences, des lettres et des arts, avec la biographie de tous les hommes c�l�bres.
- Ouvrage collectif dirig� par Ange de Saint-Priest, Paris, 1836-1853
- LA ROSE B�NITE ou ROSE D'OR
- Rose d'or de Minucchio da Siena
Avignon, 1330- Or et verre color� H. 0,60 m
- Command�e par le pape Jean XXII (1316 - 1334)
- Tr�sor de la cath�drale de B�le Cl. 2351
- "La Rose d'or est un ornement b�ni par le pape, destin� � honorer des souverains ou des sanctuaires catholiques. Comme son nom l'indique, il repr�sente une rose, un bouquet de roses ou un petit rosier en or massif.
La rose d'or appara�t d�s le d�but du Moyen �ge. La premi�re mention attest�e est une bulle de 1049, dans l...aquelle L�on IX exempte le couvent de Sainte-Croix de Woffenheim (Alsace) � condition que l'abbesse envoie annuellement une rose d'or au Saint-Si�ge. La chronique de Saint-Martin de Tours mentionne le plus ancien don connu d'une rose d'or par le pape : don d'Urbain II au comte Foulque IV d'Anjou, en 1096. D�s le bas Moyen �ge, le don d'une rose d'or pour honorer un souverain supplante le don des clefs de Pierre, institu� au VIIIe si�cle.- La rose est traditionnellement port�e en procession, de la basilique Sainte-Croix-de-J�rusalem jusqu'au palais du Latran, lors du dimanche de L�tare (quatri�me dimanche de Car�me), �galement appel� dimanche de la Rose pour cette raison. Elle est d'abord port�e par le pape lui-m�me. Par la suite, quand le poids de la rose augmente, un clerc est charg� de cette t�che. C'est � cette occasion que le pape b�nit, dans la sacristie de Sainte-Croix, le baume et le musc destin�s � la rose, avant que celle-ci ne soit port�e par un abl�gat � son destinataire, ou remise � un ambassadeur r�sident. En 1895, la charge de porter la rose d'or est confi�e � un cam�rier secret de cape et d'�p�e.
- � l'�poque contemporaine, Jean-Paul II a remis des roses d'or � de nombreux sanctuaires d�di�s � la Vierge Marie, comme celui de Lourdes en France, d'Aparecida au Br�sil ou de Guadalupe au Mexique. En l'ann�e 2006, le pape Beno�t XVI a donn� la Rose d'Or au Sanctuaire de Jasna G�ra (Pologne).
- La derni�re rose d'or jusqu'ici a �t� remise � la basilique d'Aparecida, au Br�sil, par Beno�t XVI en 2007
La plus ancienne repr�sentation de la rose d'or (XIIIe si�cle) est une rose seule portant en son cœur une petite coupe ajour�e contenant du baume et du musc. Avec Sixte IV, le dessin se complique : la rose d'or repr�sente �galement des tiges �pineuses, des feuilles ou encore des bourgeons ; des pierres pr�cieuses sont serties dans le bijou. Par la suite, on y ajoute un pi�destal et un vase. Ainsi, en 1668, la rose d'or envoy�e par Cl�ment IX � Marie-Th�r�se d'Autriche, �pouse de Louis XIV, p�se 4 kilos.- La rose d'or, si elle est un pr�sent co�teux, rev�t �galement une importance symbolique : la rose symbolise le Christ — la rose rouge en particulier symbolisant sa Passion. On interpr�te en ce sens un verset du Cantique des cantiques : � Je suis la fleur des champs et le lis des vall�es � (2-1), ou encore un verset du livre d'Isa�e : � et il sortira un rejeton du tronc d'Isa�e, et une branche de ses racines fructifiera �. Cette signification mystique est pr�sente dans les lettres accompagnant la rose, ou encore dans les sermons prononc�s le dimanche de L�tare.
Au dimanche de L�tare, il arrivait que le pape offr�t une rose d'or. L'id�e en serait due au saint pape L�on IX qui, en 1049[, solennisa un usage peut-�tre ancien que le bienheureux Urbain II concr�tisa en 1096, � la cl�ture du concile de Tours, lorsqu’il offrit une rose d’or au comte Foulques d’Anjou.- Il s’agit d’un bouquet roses en or ou en vermeil, orn�es de pierres pr�cieuses ; la fleur centrale, plus grande que les autres, porte, en son milieu, une petite cavit� que le pape remplit de baume et saupoudre de musc ; autrefois la rose d’or �tait b�nie et encens�e � Sainte-Croix-de-J�rusalem. La formule de b�n�diction fait l’�loge de la rose qui, � par sa couleur, le symbole de la joie de l'Eglise, dont l'odeur figure les bonnes œuvres de la personne � honorer, alors que la rose elle-m�me, produite de la racine de Jess�, est mystiquement la fleur des champs et le lys de vall�es dont parle l'Ecriture, c'est-�-dire J�sus n� de Marie. � Apr�s Durant de Mende qui recopiait Innocent III, les liturgistes nous apprennent que la rose d’or est le symbole de ce printemps �ternel qui succ�da � l’hiver et aux tristesses de la terre, comme en ce dimanche les fleurs printani�res parent le sol apr�s les frimats.
- La rose d’or fut d’abord r�serv�e exclusivement au pr�fet de Rome. � Apr�s l'office, le Pape, tenant � la main la rose b�nite, la montrait au peuple, comme l'embl�me de leurs communes esp�rances pour l'avenir et de leurs dispositions actuelles. Portant toujours la rose � la main, le pontife �tait reconduit jusqu'au parvis de la Basilique, par le pr�fet de Rome, en habit de pourpre et en chaussure de couleur d'or, qui soutenait l'�trier pour aider le Saint-P�re � descendre de cheval. Afin de reconna�tre ce t�moignage de respect, le pape donnait la rose � ce dignitaire, qui la recevait � genoux et lui baisait le pied. � Plus tard la rose d'or fut offerte � un fid�le catholique qui avait rendu un signal� service � l'Eglise. Lors de son s�jour � Paris, Alexandre III donna la rose d’Or � Louis VII (1163). L�on X envoya une rose d’or � l’archiduc Charles, futur Charles-Quint. Don Juan d'Autriche la re�ut en 1576, apr�s avoir remport� la victoire de L�pante sur les Turcs. A Saint-Jean d’Aix-en-Provence, avant que les r�volutionnaires fran�ais ne le d�truisissent, on voyait, sur le tombeau, le dernier comte de Provence de la maison de Barcelonne, Raymond B�ranger IV, le d�funt repr�sent� avec la rose d’or que le pape Innocent IV lui avait envoy�e en 1244 ; on conserve, au mus�e de Cluny, � Paris, la rose d’or que le pape Cl�ment V donna � Humbert de Neufch�tel, prince-�v�que de B�le.
- Les papes donn�rent souvent la rose d'or � quelque reine qui se distinguait par ses vertus, ce qui fut le cas, pour la France, de Marie-Th�r�se d’Autriche, femme de Louis XIV (1668) et de Marie Leszcynska, femme de Louis XV (1732). Depuis le d�but du XIX� si�cle, la rose d’or fut plusieurs fois d�cern� � des souveraines : la reine Charlotte de Bavi�re la re�ut de Pie VII.
- (1819) ; la reine Marie-Th�r�se de Sardaigne la re�ut de L�on XII (1825) ; l'imp�ratrice Marie-Anne d'Autriche la re�ut de Gr�goire XVI (1832), comme la reine Marie-Pia de Savoie (1842) ; Pie IX l’offrit � la reine Marie-Th�r�se des Deux-Siciles (1849), � l'imp�ratrice Eug�nie (1856)[10], � l'imp�ratrice Elisabeth d'Autriche (1868) et � la reine Marie-Isabelle d'Espagne (1868) ; L�on XIII l’offrit � la reine Marie-Christine d'Espagne (1886), � l'imp�ratrice Isabelle du Br�sil (1888), � la reine Marie-Am�lie du Portugal (1892) et � la reine Marie-Henriette des Belges (1893) ; Pie XI l’offrit � la reine Victoire d'Espagne (1923)[11], � la reine Elisabeth des Belges (1925) et � la reine H�l�ne d'Italie (1937)[13].
- � Depuis longtemps, la c�r�monie se fait dans la salle des parements. Apr�s les pri�res marqu�es dans le rituel, le Saint-P�re oint la rose avec du baume, et place au centre, o� se trouve un tout petit godet, ferm� avec une grille d'or, un peu de ce baume avec du musc ; il l'asperge d'eau b�nite, I'encense, et la remet au dernier clerc de la chambre. Nous le v�mes arriver, pr�c�dant le pape et portant � la main la pr�cieuse fleur, qui fut plac�e au milieu de l'autel sur un riche voile de soie brod� d'or. Apr�s la messe, elle fut emport�e avec la m�me c�r�monie, et d�pos�e au Vatican jusqu'au jour o� le P�re commun daigne en gratifier quelqu'une de ses nobles et pieuses filles. �
- Comme Pie X et Beno�t XV, Pie XII, Jean XXIII, Paul VI, Jean-Paul I� et Jean-Paul II n’ont honor� aucune reine de la rose d’or.
- Il est arriv� que la rose d'or f�t offerte � une �glise ou � un sanctuaire : Innocent IV l’offrit au chapitre Saint-Just de Lyon[, Pie VII l’offrit au p�lerinage italien de Galloro (1820), Pie IX l’offrit � Notre-Dame de Lourdes (1877), Pie XII l’offrit � la cath�drale de Goa o� se trouve le tombeau de saint Fran�ois-Xavier.
- (1953, Paul VI l’offrit � Notre-Dame de Fatima (1965). Pie VIII offrit la rose d’or � l'�glise de Cingoli (pr�s d’Anc�ne), son pays natal, comme l’avait fait Pie II pour Sienne pr�s d’o� il �tait n� ; Gr�goire XVI, natif de V�nitie[18], l’offrit � la basilique Saint-Marc de Venise (1833). Sixte IV n’avait pas offert une rose d’or mais, pour rappeler ses armes, un rameau de ch�ne en or � la cath�drale Savonne (1471). La sacristie du pape conserve une rose d’or avec la liste des b�n�ficiaires.
- Le pape, au dimanche de L�tare, b�nissait aussi une clef d'or o� �tait fondue un peu de limaille des cha�nes de saint Pierre, qu'il envoyait comme relique du Prince des Ap�tres.
- Les fianc�s qui se devaient marier apr�s P�ques, �taient b�nis au dimanche de L�tare, ainsi que les oriflammes et les banni�res. Enfin, quand l'occasion se pr�sentait, on sacrait ou couronnait les princes chr�tiens ; si aucun des rois de France n’eut ce privil�ge, en b�n�fici�rent les reines El�onore d'Autriche et Elisabeth d'Autriche[21].
- Le dimanche de L�tare, depuis la terrible �pid�mie de peste de 1522, les confr�ries romaines[22] en procession p�nitentielle, depuis la basilique des Saints XII Ap�tres aupr�s du crucifix miraculeux de l'�glise San Marcello al Corso[23]. Pr�c�d�es de leurs insignes, s'avancent, dans leur costume propre, les archiconfr�ries de Sainte-Anne-des-Palefreniers du Vatican, de Sainte-Marie Odigitria des Siciliens, de Sainte-Marie dell'Orto du Transt�v�re, du Saint-Crucifix de Saint-Marcel, de la Trinit� des P�lerins, du Saint-Sacrement de Saint-Pierre-au-Vatican, de Saint-Joseph-des-charpentiers, de Saint-Eloi des Ferrarais, de Saint-Jean-Baptiste des G�nois, du Sacr�-Cœur-de-Ponte-Mammolo, et bien d'autres encore.
- Utilis�e au troisi�me dimanche de l'Avent (Gaudete) et au quatri�me dimanche du Car�me (L�tare), la couleur rose, couleur de l'aurore, marque, au milieu de ces temps de p�nitence, une pause o� l'Eglise vise � mieux faire entrevoir la joie qu'elle pr�pare (No�l ou P�ques), � donner courage pour les derni�res �tapes � parcourir et � rendre gr�ce pour les œuvres d�j� accomplies. Jadis, o� l'on �tait plus attentif qu'aujourd'hui � conformer l'environnement du culte � l'esprit de la liturgie c�l�br�e, on pouvait, ces dimanches-l�, contrairement aux autres dimanches de l'Avent et du Car�me, parer l'autel de fleurs, sonner toutes les cloches et toucher les orgues alors que les diacres et les sous-diacres prenaient la tunique et dalmatique qu'ils avaient abandonn�es au d�but de l'Avent ou du Car�me.
- La couleur rose emprunte sa signification au rouge, symbole de l'amour divin, et au blanc, symbole de la sagesse divine, dont la combinaison signifie l'amour de l'homme r�g�n�r� par la p�nitence pour la sagesse divine re�ue dans la R�v�lation. � Couleur agr�able, odeur r�confortante, aspect qui donne la joie.[24] � Cest moins la fleur qui inspire le symboliste que la ros�e, l'eau tomb�e du ciel, regard�e par les Juifs comme un signe de b�n�diction. Les vents de la mer, soufflant de l'Ouest, apportent vers la Palestine un air humide qui, dans les nuits d'ao�t � octobre o� il ne pleut pas, permet la croissance des v�g�taux ; la ros�e est donc un symbole de prosp�rit� et un signe de b�n�diction ainsi qu'en t�moigne souvent l'Ancien Testament : � Que Dieu te donne avec la ros�e du ciel et de gras terroirs, abondance de froment et de vin nouveau � (Gen�se XXVII 28) ; � B�ni de Yahv�, son Pays ! A lui le don exquis du ciel en haut (ros�e) et de l'ab�me qui s'�tale en bas (sources) � (Deut�ronome XXXIII 13) ; � C'est comme le ros�e de l'Hermon qui descend sur les montagnes de Sion, car c'est l� que Yahv� a �tabli la b�n�diction, la vie � jamais � (Psaume CXXXIII 3) ; � Je serai comme la ros�e pour Isra�l, il fleurira comme le lys, il enfoncera ses racines comme le peuplier � (Os�e XIV 6). En revanche, l'absence de ros�e est un signe de ch�timent comme on peut le voir, par exemple, chez le proph�te Ag�e (I 8-10) : � R�fl�chissez sur votre sort : vous attendiez beaucoup et il n'y a eu que peu. Et ce que vous avez ramen� � la maison, j'ai souffl� dessus ! A cause de quoi ? - oracle de Yahv� des arm�es - � cause de ma maison qui, elle, est en ruine, alors que vous courez chacun pour sa maison. Voil� pourquoi le ciel a retenu la ros�e, et la terre a retenu sa r�colte. �
- La ros�e est aussi le symbole de la Parole divine re�ue par les fid�les qui, s'ils s'y conforment, leur communique la sagesse et leur ouvre le salut par les voies de la justice : � Que ma parole s'�pande comme la ros�e � (Deut�ronome XXII 2) ; ainsi, pendant tout le temps de l’Avent, nous avons chant� : � Rorate c�li de super et nubes pluant justum ! � (Cieux, versez votre ros�e et que les nu�es fassent pleuvoir le juste !)
- Le chevalier Morini qui, sous Gr�goire XVI (1831-1846), fut un des officiers de la cour pontificale, �crivait, dans le � Dizionario di erudizione storico-ecclesiastica � que la couleur rose est consid�r�e comme tenant le milieu entre le pourpre et le violet ; figurant la joie que l'Eglise ressent aux approches de No�l et de P�ques, parce que la rose a trois propri�t�s : l'odeur, la couleur et le go�t, que l'on peut consid�rer comme repr�sentant la charit�, la joie et la sati�t� spirituelle qui sont la figure du Christ, ainsi, saint B�de le V�n�rable dit qu'au VII� si�cle, le tombeau du Christ �tait peint d'une couleur m�lang�e de blanc et de rouge.
- On l’appelait encore : in vicesima, du vingti�me jour, ou mediana, mi-car�me, parce qu’il est au milieu du Car�me.
- Le terme mozarabe d�signait, en Espagne, le chr�tien qui vivait sous la domination arabe ; il vient de mohaide qui signifie tributaire, les chr�tiens devant payer un tribut
- pour pouvoir pratiquer leur religion. L’Espagne, rest�e longtemps en dehors de l’influence romaine, connaissait un rite particulier, d�j� constitu� avant l’invasion des Wisigoths ; apr�s la lib�ration de Tol�de par Alphonse VI de Castille (1085), les mozarabes obtinrent le privil�ge de conserver l’ancien rite espagnol que Gr�goire VII avait fait abolir pour le reste de l’Espagne par le concile de Burgos (1080).
- A lire la bulle que L�on IX adressa, en 1049, � l’abbesse de Sainte-Croix de Woffenheim (Alsace), on peut en d�duire que la coutume �tait d�j� �tablie : le pape exempte son abbaye de la juridiction de l’�v�que � la condition que, chaque ann�e, huit jours avant le dimanche de L�tare, elle fasse parvenir au Si�ge apostolique une rose en or pur (ou son �quivalent) de deux onces.
- En 1177, Alexandre III c�l�bra cette c�r�monie dans la basilique Saint-Marc de Venise.
- Guilaume Durant, n� � Puimisson (H�rault) en 1231, juriste form� � Bologne, fut chanoine de Narbonne et de Beauvais, doyan de la cath�drale de Chartres (1279), chapelain pontifical, auditeur g�n�ral des causes apostoliques puis recteur et capitaine g�n�ral dans le patrimoine de Saint-Pierre. Elu �v�que de Mende (1285), il mourut � Rome le 1� novembre 1296 et fut enterr� dans l’�glise S. Maria della Minerva. Il �crivit des œuvres canoniques : le Speculum juris (1276), le Breviarum aureum (1279), un commentaire des constitution du concile de Lyon (1274) et des instructions et constitutions synodales auxquelles il travaillait encore lorsqu’il mourut et des œuvres liturgiques : un Rationale divinorum officiorum (1286) et un Pontifical (1295).
- A l'entr�e du golfe de Corinthe, la flotte chr�tienne fournie par le Saint-Si�ge, l'Espagne, Venise, la Savoie, Mantoue, Ferrare, G�nes et Lucques, sous le commandement de don Juan d'Autriche, a �cras� la flotte turque d'Ali Pacha (7 octobre 1571).
- En 1112, par le mariage de Douce de Provence avec Raymond-B�renger, la Provence passa dans la maison des comtes de Barcelone qui durent c�der la partie septentrionale (le marquisat de Provence) au comte de Toulouse (1125). La Provence passa � la maison d’Anjou par le mariage de B�atrix, fille de Raymond-B�renger IV, avec Charles d’Anjou, fr�re de saint Louis (1245) ; Charles d’Anjou finit par r�cup�rer toute la Provence, sauf le Comta Venaissin qui fut donn� au pape ; en 1481, Charles du Maine, h�ritier du roi Ren�, c�da � Louis XI la Provence qui fut r�unie au domaine sous Charles VIII (1487).
- Cette rose d’or p�se trois cent cinq grammes d’or fin et mesure soixante centim�tres de hauteur ; � la base sont plac�es les armes des comtes de Nidau, de la famille des princes de Neufch�tel.
- Pr�s de quatre kilogrammes d’or.
- L’imp�ratrice Eug�nie re�ut la rose d’or � l’occasion de la naissance du Prince Imp�rial (23 mars 1856) dont Pie IX accepta d’�tre le parrain ; en 1918, l’Imp�ratrice offrit sa rose d’or � l’abbaye b�n�dictine anglaise de Farnborough o� elle est inhum�e avec Napol�on III et le Prince Imp�rial.
- La rose d’or fut remise � la reine d’Espagne par le cardinal Tedeschini qui dit : � Recevez-la, ma Ch�re Fille, vous qui dans le si�cle �tes noble, puissante et orn�e de beaucoup de vertu, afin que vous vous ennoblissiez davantage de toutes les vertus de Notre Seigneur J�sus-Christ comme une rose qui fleurit au bord des eaux courantes. �
- A vrai dire, cette rose d’or, adress�e au roi et � la reine des Belges pour la c�l�bration du vingt-cinqui�me anniversaire de leur mariage, fut b�nie par Pie XI le troisi�me dimanche de l’Avent (dimanche de Gaudete) ; dans un vase d’argent dor�, pesant trois kilogrammes et demi, il s’agit d’un rosier d’or, de dix-neuf fleurs ou bouton et de deux cent quatre-vingt-dix feuilles, pesant un kilogramme.
- Pie XI offrit cette rose d’or � la reine H�l�ne d’Italie pour le quaranti�me anniversaire de son mariage. Fille du roi Nicolas I� du Mont�n�gro (1841-1921), la princesse H�l�ne Petrovitch Niegoch, n�e � Cettign� le 8 janvier 1873, filleule du tsar Alexandre III, fit ses �tudes � Saint-Petersbourg. Elle �pousa Victor-Emmanuel de Savoie (24 octobre 1896), prince de Naples, qui devint le roi Victor-Emmanuel III d’Italie, apr�s l’assassinat de son p�re, Humbert I�, par un anarchiste (29 juillet 1900) ; il porta les titres d’empereur d’Ethiopie (1936) et de roi d’Albanie (1939). La reine H�l�ne mourut � Montpellier le 28 novembre 1952. En raison de ses tr�s grandes charit�s, Pie XI lui d�cerna la rose d’or (7 mars 1937) qu’il lui remit en la chapelle Pauline du Quirinal (5 avril 1937).
- Il existe, dans la Biblioth�que vaticane, une gravure du XVIII� si�cle qui repr�sente cette rose d’or offerte au chapitre Saint-Just de Lyon.
- Sainte-Marie de Galloro est un lieu de p�lerinage situ� sur une colline du Latium, � un kilom�tre d’Arricia. Le sanctuaire doit son origine � une image de la Vierge peinte sur un rocher qui, perdue dans les taillis, fut red�couverte par un enfant en 1621.
- Pie XII proc�da � la b�n�diction de cette rose d’or le 30 ao�t 1953 : � Avec un vif plaisir, Nous voyons cette assistance de choix � l’aust�re c�r�monie � laquelle Nous allons proc�der et qui consacre la disrinction extraordinaire que le Saint-Si�ge apostolique veut donner � la cath�drale de la noble ville de Goa pour �tre conserv�e au sanctuaire du Bon J�sus et par elle � la nation si fid�le. Ce n’est pas la premi�re fois qu’un si grand honneur revient au Potugal. Il suffirait de rappeler la rose d’or que Notre grand pr�d�cesseur L�on XIII envoya en 1892 � la regr�t�e reine Am�lie ; et avant celle-ci la rose d’or accord�e � l’�glise Saint-Antoine-des-Portugais, une des deux �glises qui, dans la ville de Rome, partagent cette gloire avec les grandes basiliques. Mais, � pr�sent, Nous �voquons particuli�rement la rose d’or que le grand pape L�on X envoya deux fois � Don Manuel I� pour ses insignes services rendus � la cause de la foi avec l’heureuse �pop�e de l’Orient laquelle a pr�par� le terrain et fourni les moyens qui rendirent possible le merveilleux apostolat de saint Fran�ois-Xavier qui fut � son tour le meilleur repr�sentant et le plus prodigieux r�alisateur de la vocation missionnaire du Portugal. Aujourd’hui, comme pour couronner les grandes c�l�brations comm�moratives du IV� centenaire de la mort du grand Ap�tre et de son immortel apostolat, Nous sommes heureux, en accordant la rose d’or � l’�glise monumentale qui conserve ses d�pouilles, de renouveler le geste de notre grand pr�d�cesseur. Nous reconnaissons ainsi de multiples m�rites pour la cause de la foi et Nous d�clatons �galement avec un accent de certitude que l’action missionnaire continuera toujours plus ample et plus active comme nous l’assure la pr�sence de tant de missionnaires des deux sexes. �
- Pie II �tait n� � Corsignano o� il construisit la ville de Pienza.
- Gr�goire XVI �tait n� � Bellune en V�nitie.
- Sixte IV �tait n� � Celle, pr�s de Savone.
- El�onore d'Autriche (1498-1558), infante d’Espagne et reine douairi�re de Portugal, sœur de Charles-Quint et deuxi�me femme de Fran�ois I�, fut sacr�e et couronn�e le 5 mars 1531.
- Elisabeth d'Autriche (1554-1592), archiduchesse d’Autriche, fille de l’empereur Maximilien II, femme de Charles IX, fut sacr�e et couronn�e le 25 mars 1571.
- La premi�re Confr�rie romaine, celle du Gonfalon, a �t� cr��e en 1264 et depuis, au cours des si�cles, ces pieuses associations ont fond� plus de quarante h�pitaux.
- Le Saint-Crucifix de Saint-Marcel est un ouvrage du XV� si�cle qui a �t� retrouv� intact apr�s l'incendie et l'�croulement de l'ancienne �glise (1519) ; il est pour les Romains l'objet d'un culte particulier. L'�glise Saint-Marcel, fut �lev�e sur les �curies de l'ancienne poste imp�riale o� le pape Marcel (IV� si�cle) avait �t� condamn� aux travaux forc�s.
- La rose d'or du mus�e est la plus ancienne conserv�e au monde. Les premi�res mentions de roses d'or remontent au XIe si�cle. Sur les centaines de roses d'or cr��es au Moyen �ge, celle du mus�e est l'une des trois qui subsistent aujourd'hui. La c�r�monie relative � la rose d'or est rest�e pratiquement inchang�e � travers les si�cles. Tous les ans, le quatri�me dimanche de Car�me, dit de Laetare, le pape avait coutume d'offrir une rose d'or � un personnage dont il voulait ainsi signaler la pi�t�. Gr�ce aux armoiries ajout�es sur le pied par son destinataire, cette rose a pu �tre identifi�e. Elle fut offerte par le pape Jean XXII � Rodophe III de Nidau, comte de Neuch�tel. Ce dernier avait soutenu le pape dans sa terrible lutte contre l'empereur Louis de Bavi�re. Par ailleurs, les comptes de la papaut�, bien conserv�s pour cette p�riode o� le pontife r�sidait � Avignon, ont permis d'identifier l'orf�vre charg� de cette commande. Minucchio appartient � une s�rie d'artistes siennois qui vont faire d'Avignon au cours du XIVe si�cle un des creusets de la cr�ation artistique. "
- extrait de : http://www.grand-sud-medieval.fr/forum/viewtopic.php?f=22&t=3415
- Sources :
- texte
- Bibliotheque de L'Ecole des Chartes Revue D'Erudition
Par Soci�t� de l'Ecole des chartes (France), volume CXXVIII, 1970.- images
- http://cfile7.uf.tistory.com/image/146762334FA0E96A392877 (rose d'or, vue enti�re)
- http://www.revendeurs.rmngp.fr/en/catalogue/search?ar=minucchio-da-siena (rose d'or, d�tail)