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ENCYCLOPEDIE -DE--LA--LANGUE -FRANCAISE
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- ABATTAGE
  --------- Sylviculture----------
 
 
-Préparation :
martelage
éhouppage
--Abattage à l'ancienne-
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Préparer l'abattage

 

Le martelage

 

En hiver, quand les arbres sont hors sève, débute en région de plaine le martelage : une intervention consacrée au choix et au marquage des arbres à abattre. En montagne, à cause du climat, l'opération a lieu au printemps ou en été.

Le martelage est l'opération succédant au balivage dans les forêts et consistant à appliquer, à l'aide du marteau forestier, mais aussi à la peinture, des empreintes sur les arbres à abattre ou à réserver. Les empreintes sont appliquées sur des blanchis ou flachis faits avec la hachette du marteau et entamant l'écorce jusqu'à l'aubier. sur lequel on va imprimer le sceau du propriétaire ou de l'Administration des Forêts (lettres A.F en gothique : ). A cet effet le marteau forestier comporte à l'opposé de la hachette un poinçon gravé qui permet ce marquage : . Les bûcherons doivent abattre au-dessus de cette marque de qui a une valeur juridique en cas de contestation entre l'exploitant et le propriétaire.

On choisit, pour les abattre, des arbres anciens, des modernes, les arbres qui dépérissent, une partie de ceux qui sont trop serrés et se gênent, et ils sont frappés d'une marque de délivrance par deux empreintes appliquées l'une à 1m, 1,30 m environ sur le tronc de l'arbre, l'autre à son pied. Lorsqu'on veut conserver des arbres, on leur applique une marque en réserve : on fait une seule empreinte sur les baliveaux et les anciens, et deux empreintes sur les modernes, au voisinage l'une de l'autre. Ces empreintes sont appliquées aussi près que possible du sol.

On se dispense généralement de ce marquage lorsqu'il s'agit de coupes de nettoiement ou d'éclaircie qui donne des bois de faible valeur. On se contente alors d'une marque "à la griffe". Dans 1'écorce ou bien l'on marque les arbres "en réserve". C'est ce que 1'on fait dans l'exploitation en taillis. Mais on abandonne de plus en plus la marque en réserve au marteau, car souvent le blanchi et l'empreinte ouvrent la voie à des altérations cryptogamiques.

 

L'éhouppage


" Bien souvent, les plus beaux sujets des futaies sont éhouppés avant l'abattage, c'est à dire qu'ils sont débarrassés d e leur houppier et deviennent, suivant l'expression consacrée, comparables à des " cheminées d'usines ". Ce procédé a pour but de protéger les arbres voisins lors de la chute, et d'éliminer également les risques d'éclatement du fût lorsque celui-ci s'écrase au sol.

Cette tâche périlleuse incombe à un spécialiste, le bûcheron éhouppeur ou éhouppier. Si à présent son travail, quoique risqué, s'entoure de sécurité grâce à un matériel adapté, cordes d'assurance, griffes d'escalade et tronçonneuse, le bûcheron éhouppeur d'autrefois était chaussé de vulgaires étriers en fer munis d'une pointe à l'intérieur, et ne devait sa sécurité qu'à la force d'un bras tandis que l'autre s'employait à détacher les branches à la hache. Mais ce solide gaillard n'avait pas froid aux yeux, la tradition le prouve : son travail achevé, la coutume voulait que tout éhouppier digne de ce nom fasse le " poirier ", un défi qui exigeait de se dresser bien droit à la cime de l'arbre avant de redescendre. Une question de fierté! "

Extrait du livre La Forêt et les Hommes, de Nicole Reynes aux éditions Rustica.

 

 
L' abattage à l'ancienne
 
 
Avant de pratiquer les entailles et l'abattage lui-même, on effectue l'égobelage, qui consiste à régulariser la base de l'arbre souvent déformée par les empattements. On se sert de la hache pour les réduire.
L'abattage lui-même se faisait à la cognée, hache pesante au fer long et étroit soigneusement affûté à la meule de grès, pour abattre les arbres quelle que soit leur circonférence.
     

A la fin du XIXe siècle, on invente la scie passe-partout : .

Son utilisation n'était guère facile, mais elle avait le grand avantage de faire des coupes bien franches, bien nettes. Deux hommes à genoux de part et d'autre du tronc tirent en cadence une longue scie munie de mancherons, tout en orientant la chute de l'arbre à l'aide de coins métalliques, qui empêchent aussi le serrage de la lame .

On pratique une première entaille b (voir figure ci-dessous) du côté où l'arbre doit tomber : c'est l'entaille de direction ; on le soutient avec la corde pour l'empêcher de peser sur la scie, et l'on introduit des coins dans l' entaille. En a, du côté opposé, on donne un second trait de scie en venant vers c à la rencontre du premier, c'est le cran de chute, tout en soutenant toujours la lèvre supérieure de l'entaille avec des coins, et l'arbre tout entier avec la corde.

Entailles d'abattage


Malgré la difficulté de cette tâche, les bûcherons aimaient le travail bien fait et mettaient un point d'honneur à laisser une souche nette, si parfaitement coupée qu'une bouteille pouvait y tenir en équilibre!
 
Nous citerons aussi un autre procédé, l'abattage par pivotement, qui consiste à déchausser la souche, puis à couper successivement les racines qui la retiennent au sol. Ce mode d'abattage exige des ouvriers habiles et assez prudents pour bien diriger la chute de l'arbre; il occasionne aussi dans la futaie plus de dommages que les modes d'abattage traditionnels.